Blog em “hiatus”!
Blog atual : http://peripeciasdesimportantesetc.wordpress.com/
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Chapitre 5
Premier matin de vacances. Je dors.
Sept heures et demie, sonne mon appartement.
Mais quoi, putain… ?
Ah, mais c’est pas possible.
Je cours à la cuisine et je dis au salaud sana âme qui me réveille d’attendre. « J’y vais, j’y vais ! », je crie au machin. J’appuie sur le bouton mais je sais pas vraiment si ça fonctionne.
Puis je cours à la salle de bains. J’enfile ma robe de chambre à toute vitesse et je jette un peu d’eau sur le visage pour me réveiller. Je regarde le miroir : tout à fait acceptable.
Ramel m’attend devant sa voiture, moi je ne sors pas de l’édifice proprement dit.
« Bonjour ! » il me lance, radiant.
« Oui, en effet, c’était un bon jour. »
Evidemment il se marre, au coût de mon désespoir. Mais surtout, pourquoi m’a-t-il arrachée à mon lit alors que je venais juste de m’endormir ?
- Ça te dit de faire la connaissance de ton nouveau compagnon ?
- AAAHH, putain. Jean-Paul !
- Je pars pour l’Aveyron aujourd’hui, excuse-moi mais nous avons un marché.
- T’aurais pu me prévenir, tout de même.
- Ouais, j’aurais pu. Mais ç’aurait pas été amusant, n’est-ce pas? Tiens, je le lâche.
Il ouvre la porte de sa 4×4 et cette masse de poils blancs, noirs et gris saute de la voiture et fonce sur moi. Un husky de vingt-cinq ou trente kilos de muscles me bascule, et à ce que je tombe assise il commence à me flairer le visage et pousse gentiment mon bras de son museau humide. Je lève la main pour le caresser et il la lèche.
- T’as un chien? j’écoute derrière moi.
- Oh, mais alors merde.
Je me lève et prend la laisse du chien. Je me retourne, et je ne sais pas qui c’est. Je ne le reconnais plus, évidemment je ne me souviens plus de son nom. Mais il est plutôt mignon. Aucun doute que c’est le type du bar, hier. Il va vers Jean-Paul, je le suis. Il lui tend la main et fait mine de vouloir se présenter. L’autre ne fait même pas semblant de vouloir réciproquer le geste. Tant mieux.
Je le prends par les épaules et je le pousse de nouveau vers l’escalier.
- S’il te plaît, est-ce que tu pourrais remonter, prendre tes affaires, et–
- J’ai tout sur moi.
- Bon, alors casse-toi.
Jean-Paul a du mal à retenir son rire, j’essaye de me débarrasser de l’inconnu le plus vite possible. Finalement il se décide à s’en aller, à trois mètres il hésite encore et se retourne encore une fois. Le chien montre ses dents bien-soignées et un rugissement sonore se fait entendre. Le message est bien clair, l’inconnu fiche le camp. J’aime déjà ce chien.
- Tu ne changeras vraiment jamais, hein.
- Le jour où tu te disputeras avec ta femme, et seras bourré dans un bar, tu regretteras de m’avoir traitée ainsi; parce que chéri, les maris insatisfaits sont ma spécialité.
Il a l’air vachement surpris. Il a raison de l’être, je mens. Je ne coucherais jamais avec chauve-chevelu. En plus prof d’histoire-géo. Eurgh.
- J’espère que ça vaut la peine. Tâche de me rendre le papier le premier jour.
2
- Alors, mon petit collègue, comment ça va?
(…)
- D’ailleurs non, toi tu n’as rien de petit.
(woof!)
- Monsieur Ramel, c’est pas vraiment un type sympa, non?
(…)
- D’ailleurs, nous qui sommes entre amis, nous n’avons pas besoin d’euphémismes, n’est-ce pas? Jean-Paul est vraiment le genre de nase qui n’aurait jamais dû quitter sa chambre chez sa maman dans son petit village de Provence, non? C’est un connard.
(…)
- Ok, je sais que c’est pas sa faute si j’ai oublié de demander ton nom, arrête de me
regarder comme ça.
(…)
- Mais c’est quand-même un salaud puisqu’il ne m’a rien apporté pour toi. Heureusement que Fabrice rentre de Clermont aujourd’hui. Il a déjà eu un chien, alors il va nous aider à faire du shopping canin.
(woof!)
- Pendant ce temps, on va essayer de te donner un nom, ok? Un nom à la Jack London, ça te va? Buck?
(…)
- Croc-blanc?
(…)
- Brun? Bah, non. T’es même pas brun.
(woof!)
- Et qu’est-ce que je connais d’autre, comme nom de chien? Rex? Lassie?
(…)
- Je crois que Lassie était femelle. Alors, des écrivains?
(woof!)
- Evidemment t’aime pas Jack London. Des français? Balzac, Zola, Maupassant, Flaubert, Hugo, Rimbaud, Lamartine, Chateaubriand… Baudelaire?
(…)
- T’aime pas? Tu préfères les internationaux? Dostoïevski?
(…)
- T’as raison, c’est dégueulasse comme nom. Pas de russes.
(woof, woof!)
- Ça va, ça va. Byron, Homère, Shakespeare, Poe, Socrate, Platon, Virgile?
(…)
- Pas d’internationaux non plus? Des contemporains, peut-être? Aragon, Apollinaire, Eluard, Pennac?
(woof!)
- Oh, t’aimes bien? Tiens, est-ce que t’es Julius le Chien épileptique? Non? Ok, le téléphone sonne, ce doit être Fabrice. Je vais dans ma chambre répondre, alors ne fous pas le bordel ici, ok?
(woof!)
- Allô?
- …
- Ok, je descends.
- …
- Ok, bisous.
(woof! woof!)
- J’arrive, j’arrive! Qu’est-ce que ce bruit? T’as renversé mes livres, c’est ça, petit morveux de husky? Mais regarde moi ça, t’as retrouvé les pennacs? Tu veux un nom de la tribu Malaussène, c’est ça?
(woof! woof, woof!)
- Ah ouais, t’es un Malaussène? Montre-moi, qu’est-ce que t’as sous la patte? Monsieur Malaussène?
(…)
- Ne bave pas sur mes livres, et dis-moi, c’est bien Monsieur Malaussène?
(woof!)
- Monsieur Malaussène. Allons-y, Malaussène, il y a Fabrice qui nous attend en bas.
Rien d’autre n’existait, il n’y avait plus que lui et moi, en flammes, plus ardents que jamais maintenant que nous ne pouvions plus brûler à notre plaisir. C’est ça dont j’avais besoin, c’était ce qui manquait tout le temps, la passion, l’envie de brûler. L’envie insatiable de plus, quelqu’un d’aussi ardent et imparfait que moi. C’était toute la beauté de notre relation, ces imperfections des deux parts qui font que le résultat soit parfait. Je ne voulais plus me sentir comme si j’étais inférieure, je ne voulais plus essayer d’être parfaite. Même pour le plus parfait des hommes, cela ne valait pas la peine.
Nous brûlions quand même et toujours. Nourris par le plaisir de nous retrouver au lit ensemble une fois de plus, et les années qui avaient séparé cette rencontre de notre dernière nuit n’avaient fait qu’augmenter notre envie d’être ensemble. Je ne m’étais pas séparée de lui parce que je ne l’aimais plus, mais parce que l’aimer me causait plus de mal que de réjouissance. Sauf par ces moments d’ardeur à la fin de chaque jour qui faisaient presque remettre douleur et plaisir en égalité une fois de plus.
Notre feu ayant atteint son apogée et s’éteint, la froide réalité autour de nous était revenue, et pourtant nous étions encore chauds et transpirants. Pas satisfait de notre propre chaleur, il se retourna et prit une cigarette dans la poche de ses pantalons, il l’alluma et inspira longuement, et souffla la fumée en forme de cercle comme il avait essayé de m’apprendre à faire plusieurs fois sans succès, et me la passa. Depuis presque notre dernière nuit je n’en avais plus fumé, mais ce qu’il avait rallumé dans moi en réclamait, et immédiatement. Mais ce n’était pas suffisant pour aucun de nous deux tant que l’autre serait à la portée du bras. Une dizaine de minutes et beaucoup de nicotine plus tard, un baiser interminable le mena à se mettre sur moi de nouveau, et le cycle des flammes recommença, encore plus fort qu’avant.
Les deux vices m’enlacent
Ils sont venus me hanter
Ils sont venus me tenter
Les deux vices m’embrassent
Ils m’aiment intensamment
et je ne peux me ressaisir.
Comment puis-je décrire?
Je les hais profondément.
Je me meurs dans leurs bras
pour me souvenir finalement
de son mariage, récent,
et de notre infidélité ma conscience fait fracas
Mon homme et ses lèvres chaleureuses
la fumée qu’il expire,
à la faute elle m’inspire.
Culpabilité d’une histoire amoureuse.
Mais mon homme n’est pas celui-là!
Il n’est pas ce mari infidèle
Il n’est pas cette passion immortelle,
mais celui qui demeure chez moi
A attendre en vain
Le retour d’une femme
qui a vendu son âme
pour un paquet de cigarettes et du vin.
Cependant c’est de l’autre
que je suis dépendante
De l’affaire décevante
qu’est devenue la nôtre
Une chambre et je fuis.
C’est tout ce dont je n’ai besoin
pour oublier, resté au loin,
celui dont je rêve la nuit.
a trail for the devil to erase
our trail is forever
what we do
what we say
it stays.
you will do a better job
maybe even what he really deserves
people can’t
people do
even so.
ever fallen in love
i was
i regret
i wish you were the first
i wish, i wish
what if it were
how could i bare
expectations and disappointment
it’s fine
i already know them.
i remember you told me
that it made you believe in
no man no cry
Non, je ne savais vraiment pas comment j’étais arrivée à ce point. Je dirais même plus : je savais très bien comment, je ne comprenais juste pourquoi. Je n’avais pas eu la force de tout finir quand c’était commencé, et maintenant j’étais prise au milieu d’une confusion de laquelle je ne pouvais pas sortir. Pourquoi je m’étais laissée emmener par un tel homme. Surtout quand j’avais un autre. Du parfait à l’insensé en moins de quinze minute, c’était un record personnel.
Bon, je ne pouvais pas m’en sortir, mais je pouvais toujours courir. Donc, je fuis. Je me levais et je laissais le bar pour retourner à ma chambre. Il me suivit, cria mon nom, je l’ignorais, il saisit ma main, j’échappais à la sienne.
- Qu’est-ce que tu veux, enfin?
- Je ne sais pas!
- Ce n’est pas en me suivant que tu découvriras. Fiche-moi la paix!
Il ne me la ficha pas. La porte s’ouvrit, j’entrais dans l’ascenceur, il entra aussi. Il saisit mon avant-bras, me poussa vers lui brutalement. Il m’embrassa, je cédais un peu, puis je le repoussais, savant que je serais pas capable de me débattre d’une façon ou d’une autre. Il se ressaisit, me regarda profondément pour un moment. “Je t’aime”, il me dit, et m’embrassa comme si cela pouvait reformuler le monde pour que la situation fût en sa faveur. Je le repoussais encore. “Je m’en fous”, je lui répondis. Mais il ne me lâcha pas. “Je t’aime”, il répéta plus bas, sa bouche collée sur ma peau, ses mains appuyant mes bras contre le mur. Il respirait sur mon cou. Et il m’embrassa de nouveau. Et je cédais, parce que c’était plus facile que de lutter contre lui sans le vouloir.
On entra comme un ouragan dans la chambre. La porte, les meubles, rien n’était plus vraiment là. Seulement lui. Et moi.
***
Il alluma une cigarette. Je regardais la fumée sortir par ses lèvres en sa forme bizarre. Je pris la cigarette de sa bouche et inhalait longuement. Mes deux vices venaient me tenter le même jour.
. . . A stone, a leaf, an unfound door; Of a stone, a leaf, a door.And of all the forgotten faces.
Naked and alone we came into exile.
In her dark womb We did not know our mother’s face; From the prison of her flesh we have come Into the unspeakable and incommunicable prison Of this earth.
Which of us has known his brother? Which of us has looked into his father’s heart?
Which of us has not remained forever prison-pent? Which of us is not forever a stranger and alone? O waste of loss in the hot mazes, lost, Among the bright stars On this most weary unbright cinder, lost ! Remembering speechlessly We seek the great forgotten language, The lost lane-end into heaven, A stone, a leaf, an unfound door.
après tout repas,
une cigarette et un café.
sans plus d’embarras,
à la mode des français.